CACHAFAZ

de Copi - mise en scène Eram Sobhani

Face aux nombreux visages de la dictature - qui souhaite régir nos vies intimes, nos vies publiques et politiques - Copi érige patiemment son feu de joie : dans ces bas-fonds de Montevideo, les machos sont pédés, les pédés sont des femmes, les gros machins sont des vagins, et quand on crève la dalle, on s’attaque sauvagement aux flics et l’on nourrit les gosses avec leurs tripes. Cette révolution tourne très mal, dans un bain de sang, mais elle n’en semble pas moins nécessaire.

Comme corollaire à cette barbarie - celle du pouvoir comme celle des insurgés - monte un rêve d’une infinie beauté, celui du tango. Ce tango-là, ce n’est pas un élément de culture mais de survie. C’est ce qui le rend si émouvant. Les insurgés l’inventent sous nos yeux comme un autre exutoire à la difficulté de vivre.

Nous rêvons d’un spectacle qui mêle cette violence et cette beauté. Un spectacle qui se souvienne du Titus Andronicus de Shakespeare, qui réveille les souvenirs fantasmés de la révolution française, quand les têtes pendent au bout des pics, qui se nourrisse d’imaginaires plus récents quand les chairs des arabes s’amoncellent déchirées.

Un spectacle qui se souvienne également de l’origine des plus grands chants - ceux qui montaient dans les champs de coton, ceux qui s’inventent probablement aujourd’hui même et que nous ne connaîtrons que bien trop tard.

 mise en scène Eram Sobhani

avec Cécile Chatignoux, Fabio di Domenico, Sarah Labrin, Santiago Montequìn, Thomas Nolet, Eram Sobhani.

chargé de production et de diffusion Nicolas Foray

Création mars 2019 à L’étoile du nord dans le cadre du festival COPIRIGHT !